Je me réveille dans un corps qui n’est pas le mien

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Ce matin-là, je me suis réveillé dans un corps qui n’est pas le mien

Je me réveille dans un corps qui n’est pas le mien. C’est la première pensée qui te traverse l’esprit en ouvrant les yeux. Tu regardes tes mains — elles sont plus grandes, plus poilues, ou peut-être minuscules avec du vernis rose fluo. Tu te lèves, tu titubes, tu passes devant un miroir et… surprise : ce n’est pas toi. Enfin, pas toi tel que tu te connais.

Pas de panique, tu n’as pas abusé de la raclette la veille. Ou du rhum. Je ne juge pas. Ce n’est pas un bug dans la matrice non plus. C’est juste le point de départ d’une très bonne histoire, et surtout, d’un excellent exercice d’écriture.

Dans cet article, je te propose d’embarquer dans un jeu littéraire un peu étrange, un poil foutraque, mais diablement efficace. Tu vas voir, changer de corps du jour au lendemain, même sur papier, ça décoiffe. Parole de chauve que je suis ! Et si tu penses que tu n’as pas d’imagination, tu vas vite réaliser que ton cerveau adore qu’on lui foute un peu la paix avec la logique.

Parce qu’en vrai, tout le monde peut écrire. Il suffit d’un petit déclic. Et parfois, ce déclic, c’est juste l’idée saugrenue que tu vis dans un autre corps. Tu ne connais ni son prénom, ni ses habitudes, ni ses allergies. Tu débarques dans une vie qui n’est pas la tienne, et tu dois faire semblant de savoir ce que tu fais. Bref, c’est comme un lundi matin, mais en plus rigolo.

Alors, prêt à explorer ce que ça fait de se réveiller dans une autre peau ? Laisse ton esprit divaguer, tes doigts taper, et ton humour faire le reste. Bienvenue dans un atelier d’écriture pas comme les autres.

Pourquoi ce genre de réveil fait de très bonnes histoires

On ne va pas tourner autour du pot : vivre dans un corps qui n’est pas le sien, c’est un scénario en or massif pour écrire. Ce genre de situation réveille immédiatement ton imaginaire. Pas besoin de baguette magique ni de budget Netflix : l’idée suffit à créer une tension, une émotion, une histoire.

Et tu sais quoi ? Ce genre de récit fonctionne parce qu’il te met à distance de toi-même. Quand tu n’es plus « toi », tu peux enfin dire, penser, oser des choses que tu n’oserais jamais raconter à la première personne. Ce n’est plus toi qui écris, c’est « l’autre ». Et paradoxalement, tu te livres bien plus qu’en racontant ta vraie vie. Malin, non ?

Ce genre de fiction — qu’on appelle parfois “fantastique léger” ou “métamorphose narrative” pour se la péter un peu — a traversé les siècles. De Kafka qui transforme son personnage en cafard à ces comédies où des ados échangent de corps, en passant par des récits de science-fiction tordus, le thème du changement d’enveloppe fascine. Pourquoi ? Parce que derrière l’histoire étrange, il y a toujours une vraie question : qu’est-ce qui fait que je suis moi ?

Ce qu’on ressent quand tout semble étranger

Imagine. Tu te réveilles dans ce nouveau corps. Tu te lèves, et tout te paraît légèrement à côté de la plaque. La démarche n’est pas la tienne, les vêtements ne sont pas ton style, et ce chat dans la cuisine semble te juger avec plus de sévérité que d’habitude.

C’est précisément ce réveil troublant qui donne matière à écrire. Parce que tout ce qui était automatique devient sujet à réflexion. Mettre des chaussettes ? Une épreuve. Boire un café ? Une redécouverte. Parler ? Une aventure. Ce décalage provoque des situations parfois absurdes, souvent drôles, et toujours riches en émotions.

Et dans l’écriture, les émotions, c’est le carburant. Quand tu décris cette bizarrerie, tu entres dans la peau de quelqu’un d’autre (littéralement et littérairement). Tu ressens, tu observes, tu traduis — et ça, c’est de la belle matière pour un texte qui tient debout.

Alors oui, tout te semble étranger. Mais c’est justement ce décalage qui rend ton histoire vivante, originale, authentique. On est loin des dissertations ennuyeuses ou des modèles de lettre : ici, tu crées ton propre monde à partir d’une situation complètement barrée. Et franchement, ça fait du bien.

Atelier d’écriture : et si tu changeais de corps pour écrire ?

Bon. Maintenant que tu as l’image bien en tête — toi, dans un corps inconnu, face à un miroir qui te regarde de travers — on va passer à la pratique. C’est ici que commence l’atelier d’écriture. Rien de scolaire, rien d’élitiste, et surtout rien qui ressemble à une dictée de collège. Promis.

L’idée est simple : tu écris comme si tu avais changé de corps du jour au lendemain. Pas besoin de t’inventer un univers complexe ou de trouver des noms alambiqués. Commence par une scène : le réveil. Les premières minutes. Le moment où tu te rends compte que quelque chose ne tourne pas rond. Ce que tu vois. Ce que tu ressens. Ce que tu fais. Et ce que tu ne comprends pas du tout. Si tu veux pousser plus loin, tu peux même envisager d’avoir changé de sexe dans la nuit !

Un exercice d’écriture en 3 temps (et pas plus)

  1. Tu te réveilles dans un endroit que tu ne reconnais pas. Le lit est plus dur. Ou plus mou. Ou c’est un canapé. Bref, c’est bizarre.

  2. Tu découvres que ton corps n’est pas le tien. Un indice visuel, une sensation étrange, une voix différente… Tu choisis.

  3. Tu agis : que fais-tu ensuite ? Appelles-tu quelqu’un ? Te caches-tu ? Vas-tu au boulot en espérant que personne ne remarque que tu fais vingt centimètres de plus qu’hier ?

Et c’est tout. En 10 à 20 lignes, tu peux déjà poser une ambiance, une voix, une situation.

L’exercice est volontairement court, parce que c’est souvent ce qui permet de débloquer l’écriture. Pas de pression de performance. Tu écris pour t’amuser, pour tester, pour te surprendre toi-même.

Et ce qui est génial, c’est que même sans en avoir conscience, tu travailles :
– ta narration
– ton rythme
– ton regard sur le monde
– ton style

C’est de l’écriture libre, mais avec un point de départ assez fort pour que l’inspiration vienne presque toute seule.

Pourquoi ça débloque l’écriture (même si tu n’as jamais écrit)

Tu te dis peut-être : « C’est rigolo, mais je ne suis pas écrivain.e. »
Bonne nouvelle : personne ne t’a demandé de l’être. Tu n’as pas besoin d’avoir lu Balzac en entier pour écrire un bon texte. Ce qu’il te faut, c’est un angle de départ, un petit grain de folie, et l’envie de jouer avec les mots.

Et devine quoi ? Vivre dans un corps étranger, même en imagination, c’est exactement ce qu’il faut pour ça.
Pourquoi ? Parce que tu sors de ton cadre. Tu n’as plus besoin d’être “cohérent”, “logique”, “raisonnable”. Tu peux t’autoriser n’importe quoi. Et souvent, c’est là que la vraie créativité surgit.

Tu vas voir, plus tu écris ce genre de texte, plus tu te sens libre. Tu arrêtes de corriger chaque virgule. Tu laisses couler. Et parfois, tu te surprends toi-même à écrire quelque chose de joli, de drôle ou même de touchant.

C’est exactement le but de cet atelier : te faire passer un bon moment avec toi-même, à travers une autre version de toi. Plus grand. Plus vieux. Plus frisé. Moins stressé. Peut-être même avec un accent belge. Qui sait ?

Ce qu’on découvre quand on vit dans un corps étranger

À force d’écrire depuis ce nouveau point de vue — un corps qui n’est pas le tien, rappelons-le — tu vas commencer à remarquer des choses étonnantes. Parce que mine de rien, ce simple décalage t’amène à explorer des sensations, des pensées, des postures que tu n’aurais jamais osé écrire en restant “toi”.

Et ce n’est pas juste un jeu de rôle. C’est une ouverture intérieure, un miroir un peu déformant mais révélateur. En entrant dans une nouvelle enveloppe corporelle, tu fais bien plus que changer de peau : tu réinventes ta voix intérieure.

Une nouvelle voix intérieure

Tu vas t’en rendre compte assez vite : ton personnage — toi, mais différent — ne parle pas tout à fait comme toi. Il ou elle a peut-être un vocabulaire plus fleuri. Ou au contraire, il s’exprime de manière plus brute. Il réfléchit différemment. Ses souvenirs ne sont pas les tiens. Ses émotions ne réagissent pas au quart de tour de la même manière.
Et là, magie : ta plume change. Tu testes des tournures nouvelles, tu oses l’humour, la poésie, ou un ton beaucoup plus sec. En gros, tu prends une grande respiration créative.

Tu peux même choisir un angle inattendu : imagine que ce corps étranger a une manière bien à lui de ressentir les choses. Il a froid tout le temps. Il entend trop bien. Il marche en crabe. Ces détails, farfelus ou non, donnent vie à ton texte.

Une empathie inattendue

Autre surprise : plus tu explores cette étrangeté, plus tu développes une forme d’empathie littéraire. Parce qu’il faut bien le dire : ce corps-là, aussi bizarre soit-il, tu finis par t’y attacher. Il t’oblige à ralentir, à observer, à comprendre. Et parfois même, à défendre un point de vue que tu n’aurais jamais pris au sérieux en temps normal.

Résultat : tu ne racontes pas juste une histoire décalée, tu te mets dans la peau de l’autre, au sens le plus littéral du terme. Et ça, c’est un sacré exercice d’écriture… mais aussi d’humanité.

Finalement, ce petit jeu d’écriture est peut-être moins absurde qu’il en a l’air. Il te permet de jouer avec les mots, mais aussi avec les idées reçues, les émotions, les identités multiples. Et sans même t’en rendre compte, tu progresses. Tu te découvres des zones d’écriture que tu n’avais jamais explorées. Et franchement, c’est plutôt réjouissant, non ?

Réveil troublant, mais bénéfique : ce que tu gagnes à jouer le jeu

À ce stade, tu t’es peut-être déjà frotté à l’exercice. Ou tu tournes encore autour, comme on tourne autour d’un plat inconnu au restaurant, à la fois curieux et un peu méfiant. Alors laisse-moi te rassurer : tu n’as rien à perdre, si ce n’est un peu de rigidité syntaxique. En revanche, tu peux y gagner beaucoup plus que prévu.

Parce que ce réveil troublant dans un corps qui n’est pas le tien, aussi absurde soit-il, agit comme un petit séisme créatif. Ça bouscule sans faire mal. Ça réveille l’imagination sans qu’on s’en rende compte. Et surtout, ça secoue les idées reçues sur ce qu’est « bien écrire ».

Les petits effets secondaires de l’écriture décalée

Quand tu t’autorises à écrire à partir d’un personnage aussi décalé, tu t’autorises tout le reste.
Tu oses les fautes volontaires (si, si), les silences, les excès, les métaphores un peu bancales mais savoureuses. Et tu t’amuses ! Tu t’amuses enfin à écrire sans filet, sans objectif autre que de laisser sortir quelque chose d’un peu vivant.

Et à force de jouer, tu progresses. Ton style se détend. Tes phrases respirent. Tu n’as plus peur de mal faire, parce qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de raconter un réveil aussi bizarre. Tu trouves ton ton, tu testes, tu ajustes.

Et au passage, tu ris. Ou tu fronces les sourcils. Ou tu découvres une émotion que tu n’attendais pas du tout. Et ça, c’est précieux.

À force d’écrire pour un autre, tu redécouvres toi

Ce qui est paradoxal — et savoureux — dans cet exercice, c’est que plus tu écris à la place d’un autre, plus tu te retrouves toi-même. Parce que tu t’éloignes des filtres, des conventions, des “il faut écrire comme ça”. Tu reviens à l’essence : écrire pour ressentir, pour explorer, pour te dire des choses que tu n’oses pas toujours formuler.

Tu réalises que tu peux écrire de la fiction… qui parle de toi. Que tu peux faire passer une émotion… sans raconter ta vie. Que tu peux inventer… et pourtant être sincère.

Bref, tu te réappropries l’écriture comme un terrain de jeu. Et franchement, c’est beaucoup plus fun que l’idée qu’on s’en fait.

Et maintenant, à toi d’écrire : 3 pistes pour démarrer tout de suite

Assez parlé. Si tu es arrivé jusqu’ici, c’est que tu es au moins un peu tenté. Et franchement, tu as tout ce qu’il faut pour te lancer. Pas besoin de plan en dix points, ni de thé vert à infusion lente. Juste un peu d’audace, une page blanche (ou un clavier), et l’envie de tester ce que ça fait de changer de corps du jour au lendemain.

Tu ne sais pas par où commencer ? Voici trois petites pistes toutes simples, à piocher selon ton humeur — ou ton niveau de caféine.

1. Commence par une sensation étrange

Tu ouvres les yeux. Tu sais immédiatement que quelque chose cloche. Mais quoi ?
Ton corps ne réagit pas comme d’habitude. Tes jambes sont engourdies. Tes doigts sont trop longs. Ta voix a changé. Il ne s’agit pas de raconter l’évidence d’un nouveau corps, mais de décrire ce premier malaise, cette intuition subtile que quelque chose est… décalé.

Objectif : jouer avec les cinq sens, installer un trouble.

2. Choisis un lieu inhabituel

Plutôt que d’atterrir dans ton lit habituel, pourquoi ne pas te réveiller ailleurs ?
Dans une chambre inconnue. Un palace. Un hôpital. Un squat. Une station spatiale. Ou même dans le corps d’un autre, mais en plein milieu d’un repas de famille auquel tu n’as jamais été invité.

Le décor peut faire 80 % du boulot. C’est le théâtre du trouble. Et ça donne tout de suite une matière vivante à ton texte.

Objectif : installer un cadre narratif solide et intrigant.

3. Ajoute un défi immédiat

Une fois que tu es conscient d’être dans un corps étranger, la vraie question, c’est : qu’est-ce que tu fais maintenant ?
Tu dois aller travailler ? Appeler quelqu’un ? Mentir à tout le monde ? Ou juste réussir à enfiler un jean sans tomber ?
Ce premier défi te permettra d’exprimer des émotions, du stress, de l’humour. Tu choisis le ton. L’idée, c’est de créer de la tension narrative dès les premières lignes.

Objectif : donner du rythme et de la direction à ton texte.


Tu vois ? Ce n’est pas si compliqué. L’exercice est court, libre, et il peut se faire dans un carnet, sur ton téléphone, ou même dans ta tête pendant une réunion Zoom un peu molle. Le but, c’est de t’ouvrir une petite brèche créative, de laisser sortir quelque chose. Sans filtre. Sans correction. Juste toi… ou du moins cette version de toi qui s’est réveillée dans un autre corps.

Alors vas-y. Écris. Teste. Joue. Et qui sait… peut-être que ce tout petit texte t’emmènera beaucoup plus loin que tu ne le penses.

Et après ? Tu peux garder ton texte si tu veux. Juste pour toi.. Mais tu peux aussi l’insérer en commentaire juste au-dessous. Et je le publierai. C’est comme tu veux. Mais moi aussi, je vais m’y essayer. Et publier mon texte ici.

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4 Commentaires

  1. Cristof

    LE COEUR FAISAIT LE MÊME BRUIT

    Christophe GRÉGOIRE

    Je m’appelle Damien. 40 ans. Père à mi-temps d’une « petite fille de treize ans », retardée mentale. Quatre ans dans sa tête. J’habite seul avec Léa, cette « fillette » scolarisée en institution.
    Et tout va bien en ce lundi matin.

    Tout va bien, jusqu’à ce que Léa entre dans la chambre :
    — Maman, qu’est-ce que tu fais là ?
    Je me réveille en sursaut.
    De quoi ? Mon ex serait dans mon lit ? Chez moi ?
    Je tâte à gauche. Je tâte à droite. Personne d’autre que moi dans le lit. Ouff ! Léa, ses cheveux blonds ébouriffés, me regarde tendrement, avec son doudou dans la main. Je tends les bras pour l’accueillir pour ce premier câlin de la journée. Puis je fais attention, simple réflexe masculin, à me protéger le bas-ventre : un coup, même léger, peut être douloureux à cet endroit-là.
    Comme à son habitude, sans trop de précaution, Léa se positionne de toute sa longueur sur moi. Elle me couvre de bisous.
    — Maman, qu’est-ce que tu fais là ? Insiste-t-elle.
    — Mais qu’est-ce que tu racontes Léa ?
    Habituellement, j’ai la voix plutôt rauque le matin. Mais là, c’est l’inverse. Presque fluette. Je me racle la gorge.
    — Tu as bien dormi ma puce ?
    Ça recommence. Un truc déraille dans ma gorge.
    — Tu as bien dormi Léa ?

    Mais qu’est-ce que c’est que cette voix de pétasse ????

    Je me redresse d’un coup. Enfin… j’essaie. Parce qu’il y a un souci majeur, là, maintenant. Mon centre de gravité ne répond plus comme avant. J’ai l’impression de manipuler un corps qu’on m’aurait loué en Airbnb, sans laisser le manuel d’utilisation. Mon dos proteste, ma poitrine… gonfle. Et mes cheveux ? Ils me chatouillent les épaules. Je n’ai pas eu les cheveux longs depuis le lycée, époque où j’écoutais du Nirvana et où je pensais que « Nevermind » était un mantra bouddhiste.

    Je bondis hors du lit. Littéralement. Avec grâce. Et un bruit suspect au niveau des genoux.
    Direction le miroir. Le grand. Celui que je n’utilise jamais parce qu’il me rappelle que j’ai un bide de daron et les cernes d’un comptable en fin de mois. Et là… là…
    … je hurle.
    Enfin, je pousse un cri. Sauf qu’il ne sort pas comme d’habitude. Ce n’est pas une voix virile. C’est un genre de « hiiiiii ! », façon petite biche qu’on aurait surprise dans la salle de bain. Je me fixe dans la glace.
    Une femme. Une femme dans la quarantaine, jolie sans chichi, yeux clairs, cheveux en bataille, et visiblement nue. C’est moi. JE suis ELLE. Et elle, c’est clairement pas moi. Enfin, si. Maintenant, si.
    Panique.
    Je cherche un téléphone. Pas le mien. L’autre. Celui de mon ex. Sauf que… y’a pas d’ex dans l’appart. Y’a moi, dans le corps d’une ex, qui n’a rien demandé.
    Je tourne les yeux vers Léa. Elle me regarde comme si tout allait bien. Pire, comme si tout était normal.
    — Tu veux du chocolat chaud, maman ? Ou t’as encore oublié comment fonctionne la cuisine ?
    OK. Stop. On respire.
    Soit je suis en plein rêve lucide (et je commence à sérieusement flipper sur mon inconscient), soit j’ai basculé dans une histoire à la con de Cristof Grégoire, version parent solo et placement en foyer.
    Et si c’était permanent ? Et si je devais gérer la puberté version féminine, les rendez-vous avec la CAF, et les règles ? (Mon cerveau masculin ne veut même pas finir cette phrase.)
    Je trébuche jusqu’à la cuisine, bras en avant, comme un zombie chic. Léa m’y précède en chantonnant une comptine. Je m’installe. Ou plutôt : je m’installe avec grâce. Même mes fesses ont changé de centre de gravité. Franchement, c’est perturbant. Même pas peur de me coincer les boules entre les cuisses. Plus rien à cet endroit-là.
    Je me sers un café. J’attrape la tasse. Elle est rose. Avec écrit dessus : « La meilleure maman du monde ».
    Et là, au fond de cette tasse, je me dis que si je suis coincé là-dedans pour toujours… autant essayer de comprendre pourquoi.
    Et peut-être… peut-être que c’est un foutu cadeau de l’univers. Mal emballé, mal livré, mais un cadeau quand même.

    CUISINE. 7H42.
    Léa croque ses tartines comme si rien d’extraordinaire ne venait de se produire. Moi, je suis en train de me demander comment j’ai pu passer de Damien à… Damiene. Le prénom n’a pas changé tant que ça, mais le reste ? C’est un déménagement sans préavis, sans carton, et surtout sans notice.
    — Dis, maman, pourquoi tu fais cette tête-là ?
    — Quelle tête ?
    — Celle que tu fais quand papa dit une bêtise.
    — Ah…
    Donc, je suis en train de tirer la gueule comme mon ex tirait la gueule à la fin de notre histoire. Ironique. Poétique, même, si on aime l’humour noir.
    Je tente un sourire. Léa me tend un carré de chocolat. Je prends. Je croque. Et j’enchaîne avec une tartine. Je me brûle le palais. Rien n’a changé là-dessus : elles sortent toujours du grille-pain comme si elles avaient été moulées dans la lave.
    Mais moi, je suis assis – assise ?- différemment. Je le sens. Mon centre de gravité a migré. Mes genoux se touchent spontanément. Mon dos se redresse tout seul, comme s’il avait peur d’être jugé par les autres chaises de la pièce. Et je suis en pyjama rose pâle, avec de la dentelle.
    Note mentale : brûler ce pyjama.
    Léa me regarde, sourcils froncés.
    — Tu veux que je t’aide à t’habiller, maman ? Comme quand tu t’es fait ton entorse ?
    Elle est sérieuse. Et moi, j’hésite entre lui dire la vérité ou me jeter dans la poubelle avec le reste des épluchures de pomme.
    — Euh… Non ma puce, je vais gérer. Va préparer ton sac, d’accord ?
    — T’es bizarre ce matin. Même ta voix, elle sonne comme un monsieur.
    Je ravale ma salive. Que je sonne comme un monsieur, dans ce corps, c’est… dérangeant à tant de niveaux qu’il me faudrait un tableau Excel pour les lister.

    SALLE DE BAIN. 7H54.
    La salle de bain, c’était mon sanctuaire. Miroir, lumière froide, odeur de gel douche neutre. Mais là, c’est devenu un musée du féminin. Un temple de la cire, des lotions, des lingettes intimes et des trucs que je ne saurais pas nommer même avec un dictionnaire illustré.
    Et maintenant, le moment que j’ai tant redouté.
    Le passage aux toilettes.
    Je me plante devant la cuvette. Debout.
    Réflexe. Je commence à baisser le pantalon de pyjama.
    Réflexe. Je me positionne.
    Réflexe. Je cherche…
    Mais y’a rien à attraper.
    Je reste là, la main en suspens. Un frisson. Une prise de conscience. Un vide.
    Et un mot qui s’impose, tel un gros klaxon dans ma tête :
    Assis.
    C’est donc ça. Le début de l’humilité. Je m’assois, comme 52% de l’humanité. Et je découvre qu’il faut penser à… tout essuyer. Même le devant. Surtout le devant.
    Je me relève, un peu chamboulé. Chamboulée ? Je ne m’y ferai jamais. A cet instant, je me dis « au diable la grammaire ». Les règles ont changé.
    Les règles… Putain…
    Je m’avance vers le miroir.
    Je soulève le haut de mon pyjama.
    Je me regarde.
    Et là, flash-back. Des souvenirs. Des disputes. Des cris.
    Ce corps, je le connais. Je l’ai aimé, puis haï.
    J’ai été dans ses bras, et maintenant je suis dedans. Ironie cosmique. Karma. Ou simple bug de la matrice.
    Note mentale : ne plus jamais faire de vœu en pleine lune après trois bières.

    ENTRÉE. 8H10.
    Léa revient, sac à dos sur les épaules, sourire aux lèvres.
    — Maman ? Pourquoi t’as mis tes chaussures sans faire le petit “secouage de pied” ?
    — Le quoi ?
    — Bah… tu fais toujours un mini-danse avec le talon pour que la chaussette soit bien mise. Là, t’as rien fait. C’est bizarre.
    Elle me regarde. Elle sait que je suis différente. Pas dans le mauvais sens. Mais elle sent que quelque chose cloche.
    Et moi… moi je suis là, debout, dans le corps d’une femme que j’ai aimée, détestée, et maintenant… que je vais devoir incarner.
    Et si ce n’était pas une punition ?
    Et si c’était une chance de comprendre ce qu’on n’a jamais su voir ?
    Bon. Un pas à la fois. En talons ou pas, on verra plus tard.

    NOTE À MES LECTEURS: La suite… ici

    Réponse
  2. Prescilia

    …Je reculai d’un pas, surprise, presque effrayée.
    Le reflet… ce n’était pas exactement moi.
    C’était moi… mais en plus affirmée, plus libre, plus vivante.
    Et surtout, elle bougeait indépendamment de moi.

    Elle me fixait avec une intensité troublante, les mains sur les hanches, les yeux brillants d’une lueur mi-sarcastique, mi-complice.

    — Sérieusement ? Tu ne reconnais pas l’endroit ? dit-elle en désignant la pièce derrière elle.

    Je tournai lentement la tête…
    Et là, je vis une chambre baignée d’une lumière dorée, les murs couverts de photos, de livres, de souvenirs.
    Un endroit familier… mais que je n’avais jamais vu en vrai.

    — C’est chez toi, reprit mon reflet. Enfin… chez toi, quand tu arrêtes de vivre pour les autres et que tu penses in peu à toi .

    Je restai sans voix.
    Elle continua :

    — Tu t’es réveillée dans ton potentiel. Dans ce que tu es quand tu arrêtes de douter.
    Quand tu te choisis.
    Quand tu oses.
    Quand tu t aimes sans condition.
    Je m’approchai un peu plus du miroir.
    Mon cœur battait si vite… mais pas de peur.
    D’excitation. De reconnaissance.
    Comme si mon âme disait enfin : « Tu y es. C’est là que tu veux aller. »

    — Et maintenant ? soufflai-je.

    — Maintenant ? Tu te réveilles vraiment. Tu te lèves. Tu rappelles qui tu es….
    Pas demain. Pas quand tu auras le temps!!!
    Maintenant.

    Elle me fit un clin d’œil…
    Puis, dans un éclat de lumière, le miroir se mit à vibrer…

    Et je compris : c’était à moi de traverser.
    De choisir cette version de moi.
    Celle qui ne s’excuse plus d’être.
    Celle qui ne cherche plus à plaire mais à vibrer.

    Alors j’ai tendu la main… et j’ai franchi le miroir.

    Réponse
    • Cristof

      Prescilia, franchement… bravo.
      Ton texte m’a vraiment cueilli. Il est à la fois puissant et très fluide, presque cinématographique. On voit la scène, on ressent la bascule intérieure, on entend le reflet parler.
      Tu n’as pas juste respecté la consigne : tu t’en es servie pour aller creuser quelque chose de profond. Et la fin — le passage du miroir — est symboliquement très fort.
      Merci d’avoir joué le jeu ! Et si tu doutes un jour de ton écriture… relis ton texte. Il parle pour toi. Merci !

      Réponse
    • Nanou

      Waouh. J’ai beaucoup aimé le mélange « réalité » et « loufoque ».

      Réponse

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Qui se cache derrière Castelweb ?

Eh bien… moi ! Christophe GRÉGOIRE, rédacteur web SEO, écrivain public, auteur de nouvelles littéraires publiées (oui oui, farfelues parfois, émouvantes souvent, mais toujours bien écrites), et ancien webmaster reconverti dans le monde merveilleux des mots.

J’ai longtemps jonglé entre balises HTML et récits de fiction, entre lignes de code et lignes de texte. Résultat ? Aujourd’hui, je mets ma plume au service des autres — que ce soit pour rédiger un article optimisé, vous aider à écrire une lettre qui vous ressemble, ou simplement vous débloquer face à la page blanche.

Ah, et le site sur lequel vous êtes en ce moment, de la structure à la dernière virgule, c’est moi qui l’ai fait. Oui, tout seul, avec mes petites mains et mon petit cerveau de passionné, parce que quand on aime vraiment écrire (et un peu bidouiller), on finit par tout faire soi-même.

Cela dit… les lignes de code PHP, Javascript ou CSS, c’est derrière moi. Aujourd’hui, je n’ai plus un seul cheveu à m’arracher, alors j’évite. Mais je peux encore dépanner un ami, ou filer un coup de main pour un petit site simple, quand le besoin est là… et que le café est excellent.

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