Métier de rêve : et si tu ouvrais la porte à ton ancien toi ?
Métier de rêve : rien qu’en lisant ces trois mots, il y a peut-être une vieille image qui revient. Toi, petit, debout dans la cour de récréation, en train d’annoncer très sérieusement que plus tard, tu serais vétérinaire, pompier, chanteur, explorateur, pâtissier, pilote d’avion ou dresseur de fourmis. Oui, parfois, l’ambition avait des antennes.
Dans cet atelier d’écriture gratuit, je te propose de revenir vers ce rêve d’enfance, non pas pour pleurer sur ce que tu n’as pas fait, ni pour accuser ton conseiller d’orientation de tous les maux de la Terre, même si la tentation peut exister. L’idée est plus simple : écrire autour du métier que j’aurais aimé faire, celui qui a peut-être disparu sous les devoirs, les factures, les horaires de bureau et les “sois raisonnable” entendus un peu trop tôt.
Ici, tu n’as besoin ni de diplôme, ni de CV, ni de lettre de motivation. Une feuille, un stylo, un clavier, et ton imagination suffisent. Et si elle râle un peu au démarrage, rassure-la : personne ne lui demande de courir un marathon littéraire en tongs.
Pourquoi écrire sur son métier idéal ?
Écrire sur son métier idéal, ce n’est pas seulement jouer à “et si ma vie avait pris une autre route ?”. C’est aussi observer ce qui t’attirait vraiment. Derrière le métier rêvé, il y avait souvent autre chose : le besoin d’aider, l’envie de créer, le goût du voyage, la liberté, la reconnaissance, l’aventure, ou simplement le désir très respectable de porter un uniforme avec classe.
Par exemple, si tu voulais devenir vétérinaire, tu n’aimais peut-être pas seulement les animaux. Tu aimais peut-être réparer ce qui souffre. Si tu voulais devenir comédien, tu cherchais peut-être une manière d’être vu autrement. Si tu voulais ouvrir une librairie, tu voulais peut-être vivre entouré de mondes parallèles, sans devoir expliquer à ton banquier pourquoi les livres sentent meilleur que les tableurs.
Donc, dans cet atelier, tu ne vas pas seulement raconter un métier. Tu vas chercher ce qu’il disait de toi.
Avant d’écrire : laisse revenir le rêve d’enfance
Prends quelques minutes avant de commencer. Ne te jette pas sur la page comme un candidat paniqué devant une dissertation de philo. Ferme les yeux si tu veux. Ou regarde par la fenêtre avec un air profond, ça marche aussi très bien.
Demande-toi :
- Quel métier me faisait rêver quand j’étais enfant ?
- Qui m’a donné cette envie ? Un parent, un film, un livre, une rencontre ?
- Qu’est-ce que j’imaginais exactement ?
- Est-ce que ce rêve me fait encore sourire aujourd’hui ?
- Est-ce qu’il me manque un peu ?
Tu peux aussi relire d’autres ateliers autour des souvenirs et de l’enfance, comme Le plat de mon enfance : écrire un souvenir qui a du goût ou Les phrases qu’on m’a répétées enfant. Ils peuvent t’aider à retrouver une voix plus intime, plus proche de tes sensations.
L’exercice d’écriture : raconte une journée dans ce métier
Maintenant, entre dans le vif du sujet. Imagine que tu as vraiment exercé ce métier. Pas dans un résumé rapide. Pas en trois lignes sages comme un formulaire administratif bien peigné. Raconte une journée complète.
Commence par le matin. Tu te réveilles. Où es-tu ? Dans une caserne ? Une loge de théâtre ? Une cuisine de restaurant ? Un refuge pour animaux ? Une fusée ? Bon, si c’est une fusée, évite juste de renverser ton café sur le tableau de bord.
Décris ensuite ton décor :
- les bruits autour de toi ;
- les odeurs ;
- les vêtements que tu portes ;
- les objets posés près de toi ;
- la première personne que tu croises ;
- ce que tu ressens au moment de commencer ta journée.
Essaie d’écrire comme si cette vie avait vraiment existé. Tu peux rester réaliste, mais tu peux aussi laisser entrer une petite dose d’absurde. Après tout, si ton ancien rêve était de devenir “président des bonbons”, il serait dommage de le censurer maintenant.
Si ton rêve était impossible, c’est encore mieux
Certains rêves d’enfance tiennent debout. D’autres ont clairement été construits sans permis. Et c’est très bien comme ça.
Tu voulais peut-être devenir pirate, magicien, princesse intergalactique, conducteur de nuages ou gardien d’un zoo rempli d’animaux qui parlent. Dans ce cas, ne corrige pas ton souvenir pour le rendre plus crédible. L’écriture n’est pas un entretien d’embauche. Tu as le droit d’être déraisonnable.
Si ce type d’imaginaire te plaît, tu peux jeter un œil à Quand ton animal parle : atelier d’écriture loufoque ou à Lire dans les pensées : le jour où tout commence. Ces ateliers peuvent t’aider à pousser ton texte vers quelque chose de plus drôle, plus étrange, plus libre.
Écrire sans transformer l’exercice en bilan de carrière
Attention au piège : cet atelier n’est pas là pour te faire remplir un dossier de reconversion professionnelle. Tu n’as pas besoin de conclure que tu dois tout quitter lundi matin pour ouvrir une ferme pédagogique en Ardèche. Même si, franchement, certains lundis donnent des idées.
Le but est d’écrire. De retrouver une sensation. De regarder avec tendresse la personne que tu étais, et celle que tu es devenue. Peut-être que tu as abandonné ce rêve. Peut-être qu’il s’est transformé. Peut-être qu’il vit encore quelque part dans tes loisirs, tes lectures, tes envies ou ta manière d’aider les autres.
Tu peux écrire sur le regret, bien sûr. Mais tu peux aussi écrire sur la gratitude. Après tout, certains métiers rêvés sont magnifiques dans l’imagination et nettement moins glamour avec les horaires, les odeurs, les urgences ou les clients qui pensent que “ça prendra cinq minutes”.
Quelques pistes pour lancer ton texte
Si tu bloques, choisis une de ces phrases et continue sans trop réfléchir :
- “Quand j’étais enfant, je voulais devenir…”
- “Je crois que ce métier me faisait rêver parce que…”
- “Dans cette autre vie, ma journée commencerait par…”
- “Le plus drôle, c’est que je n’avais pas du tout pensé à…”
- “Aujourd’hui, je comprends que ce rêve disait surtout…”
Tu peux aussi t’inspirer d’un atelier plus intime comme Lettre à soi-même : un exercice d’écriture qui fait du bien, surtout si ton texte prend la forme d’un dialogue entre l’enfant que tu étais et l’adulte que tu es devenu.
Publier ton texte dans les commentaires
Quand tu as terminé, relis ton texte une fois. Pas dix-sept. Une seule, c’est déjà bien. Corrige ce qui gêne vraiment la lecture, mais ne lime pas tout jusqu’à faire disparaître ta voix. Les textes trop propres ont parfois l’air d’avoir été repassés à la vapeur. C’est net, mais ça ne respire plus beaucoup.
Si tu en as envie, tu peux publier ton texte dans les commentaires en bas de cet atelier. Ici, personne ne vient noter ta copie. L’idée est de partager un bout d’imaginaire, un souvenir, une fantaisie, une émotion. Et parfois, un texte imparfait touche davantage qu’un texte très sage.
Besoin d’un coup de pouce avant de commencer ?
Si tu as envie d’écrire mais que ton cerveau fait semblant d’être parti acheter du pain, tu peux utiliser Motamo, l’assistant virtuel disponible ci-dessous. Il peut t’aider à clarifier ton idée, te poser des questions, organiser tes souvenirs ou structurer ton texte.
Mais attention : Motamo n’est pas là pour écrire à ta place. Ce serait dommage. Ton métier de rêve, ton souvenir, ton humour, tes regrets, tes images : tout cela t’appartient. Lui peut tenir la lampe. C’est toi qui avances dans la pièce.

Eh bien… moi ! Christophe GRÉGOIRE, rédacteur web SEO, écrivain public,
Défi pour moi même et d’autres, écrire autour du métier que j’aurais aimé faire. hihihi
Foutue odeur qui ne me lâche pas. sans doute une blague de mon oncle parce qu’il n’a pas péché correctement hier soir. Je suis à la barre de ce navire qui tape dans la mer du sud. Plein vent , un coin bien dur, mais très poissonneux.Je garde un œil sur la traine du filet et un autre sur cet équipage familial. C’est vrai qu’il faut trouver le banc et hurler les ordres. Je le fais régulièrement dans cette montre reliée à leurs cerveaux. Elles me répondent à leur tour en grognant . Sacrés ours de mer , puissantes mais dangereuses.
Je ne dois pas faiblir malgré le manque de sommeil . Allez hop une petite capsule et me voilà reparti pour deux jours non stop.
Tout cet océan qu’il faut surveiller avec ces déchets . J’avance ce bateau entre les vagues plus haute que ma résidence. Enfin dans la traine, je sens une prise importante dans notre chalut . Je crie pour la manœuvre . Toutes attrapent les filets et tirent sur les chaines
et zut, c’est encore une mine … kenavo les filles !
Merci Calloce pour cette participation.
Vous avez choisi un métier rêvé qui sort un peu des sentiers battus, et c’est ce qui rend le texte intéressant. On n’est pas dans le rêve confortable ou idéalisé : on sent la fatigue, l’odeur, la mer agitée, les déchets à surveiller, bref un quotidien pas vraiment carte postale.
Le texte a un côté très vivant, presque parlé, avec une énergie un peu brute. Ça colle bien au personnage, qui semble avancer malgré le manque de sommeil et les conditions difficiles.
J’ai bien aimé aussi la petite touche finale avec le « kenavo les filles ! », qui donne une couleur plus personnelle au récit.
Merci d’avoir joué le jeu de cet atelier. Cristof.