Écrire une lettre à une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer
Écrire une lettre à une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer n’est pas un exercice facile, et pourtant, c’est souvent un besoin profond. Quand les mots se perdent, quand les regards ne se reconnaissent plus, tu peux avoir envie de poser sur le papier ce que tu ne parviens plus à dire à voix haute. Cette lettre n’a pas vocation à être lue par celui ou celle à qui tu l’adresses. Elle existe avant tout pour toi, pour déposer ton fardeau, pour ne pas garder en toi ce mélange étrange de tristesse, de tendresse, parfois de colère, et aussi d’épuisement.
Car oui, soyons honnêtes : vivre au quotidien aux côtés d’un proche atteint d’Alzheimer, ou face à une autre maladie qui altère la présence de l’esprit, c’est usant. Tu continues à voir la personne physiquement là, mais en même temps déjà ailleurs. Et toi, tu restes coincé·e dans ce paradoxe douloureux : aimer quelqu’un qui ne te reconnaît plus, parler à quelqu’un qui ne répond pas, sourire à quelqu’un qui a oublié ton prénom.
Alors pourquoi ne pas transformer cette douleur en écriture ? Dans cet atelier, je te propose un espace sans jugement, où tu pourras écrire pour toi, pour libérer tes émotions, et peut-être même découvrir qu’une lettre peut devenir un refuge.
un thème proposé par Marie-Claire M.
Quand la présence devient absence : trouver les bons mots
Écrire à un proche atteint d’Alzheimer, ou à une personne dans le coma, c’est affronter une contradiction : tu t’adresses à quelqu’un qui est là, bien présent, mais dont l’esprit s’échappe ailleurs. Ce décalage fait mal, il use, il épuise. Pourtant, mettre tout cela en mots peut te redonner un souffle.
Parfois, les phrases que tu n’oses pas dire à haute voix trouvent une place sur le papier. Tu peux écrire à un parent Alzheimer qui ne reconnaît plus ton visage, ou écrire tes émotions face à la maladie qui grignote peu à peu le quotidien. Et tu verras : même si cette lettre n’arrive jamais aux yeux de la personne, toi, tu auras déposé un poids.
Tu peux aussi choisir d’élargir l’écriture. Cet atelier n’est pas limité à Alzheimer. Tu peux écrire pour une personne plongée dans le coma, ou pour quelqu’un qui reste physiquement là mais qui s’éloigne, doucement, à cause d’une maladie. Dans tous ces cas, les mots ont le même rôle : ils réparent un peu, ils tiennent debout quand tout semble s’effondrer.
Alors, comment trouver les bons mots ? Peut-être en commençant simplement. N’essaie pas d’être littéraire. Ne cherche pas la perfection. Laisse parler ton cœur, même si c’est maladroit. Un mot tendre, une colère, un souvenir… tout est valable. Ton stylo n’a pas besoin de faire joli, il a besoin de faire vrai.
Comment participer à cet atelier d’écriture en ligne ?
Tu n’as besoin de rien d’extraordinaire pour cet atelier d’écriture. Pas de diplôme en lettres modernes, pas de dictionnaire des synonymes collé à la main. Ici, tu viens comme tu es, avec ton vécu, ta fatigue, tes émotions, et ça suffit largement.
Pour écrire, tu as deux options très simples :
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la version papier, avec un stylo et une feuille (et si ton stylo fuit, ça donnera un style « taché d’émotions ») ;
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ou la version numérique, sur ton ordinateur, ta tablette, ton téléphone, bref, ce que tu as sous la main.
Tu choisis aussi ton moment. Pas d’horaires imposés, pas de minuteur qui sonne au bout de vingt minutes. Si tu veux écrire trois phrases entre deux lessives, fais-le. Si tu veux y passer une heure dans le silence le plus complet, fais-le aussi. C’est toi qui décides.
Le seul conseil que je peux te donner, c’est de laisser venir les mots sans te censurer. Ne te dis pas « oh non, ça c’est trop bête » ou « ça, je n’ai pas le droit de l’écrire ». Tu as le droit d’écrire absolument tout. Même la colère, même les gros mots, même les choses que tu n’oserais pas dire à voix haute. L’atelier est un espace protégé, sans jugement, où chaque mot compte.
Et si tu veux ensuite partager ton texte, tu peux le publier dans l’espace « Commentaires » en bas de la page. Mais rien n’est obligatoire. Ce que tu choisis de garder pour toi a autant de valeur que ce que tu choisis de montrer.
Déclencheurs d’écriture pour libérer la parole
Parfois, face à la page blanche, c’est le désert complet. Tu regardes ta feuille, ton stylo est prêt, mais les mots, eux, font grève. C’est normal. Alors pour donner un coup de pouce à ton imagination, je te propose quelques déclencheurs. Ce sont des petites amorces de phrases que tu peux reprendre telles quelles ou détourner à ta façon.
Amorces possibles de lettres
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« Aujourd’hui je voudrais te dire… »
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« Je me souviens quand… »
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« Tu ne te rappelles sans doute plus, mais moi je n’oublie pas… »
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« Si tu pouvais lire ces lignes, tu saurais que… »
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« Ce que j’ai sur le cœur depuis trop longtemps… »
Tu peux les garder telles quelles, les transformer, ou même les mélanger. L’important n’est pas la beauté de la phrase, mais ce qu’elle déclenche chez toi.
Exemples de formes d’écriture
Si tu n’as pas envie de suivre le modèle classique d’une lettre (cher, chère, bla bla bla…), tu as d’autres options :
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La lettre intime, où tu racontes tes souvenirs, tes frustrations, tes élans d’amour.
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Le petit mot tendre du quotidien, comme un post-it que tu aurais laissé sur la table de la cuisine : court, direct, spontané.
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Le discours imaginaire, comme si tu parlais devant un auditoire, mais adressé uniquement à ton proche.
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Le poème ou fragment libre, parce que parfois une phrase coupée, une image, un rythme valent plus qu’un long texte.
À toi de voir quelle forme te convient le mieux aujourd’hui. Et si demain tu en choisis une autre, c’est très bien aussi.
Conseils pour écrire sans jugement
Quand tu commences à écrire à un proche atteint d’Alzheimer, ou plus largement à une personne absente dans son esprit, une petite voix peut vite s’inviter dans ta tête : « Est-ce que ce que j’écris est bien ? Est-ce que ça se dit ? Est-ce que c’est normal d’écrire ça ? »
Stop. Mets cette voix dehors avec un bon coup de pied au cul. Cet atelier n’est pas une dictée notée par un prof grincheux. C’est un espace à toi, rien qu’à toi.
Accepter toutes les émotions
Tu peux avoir envie de dire « je t’aime », mais aussi « tu me fatigues », ou encore « j’en ai marre de cette maladie » ou même « je préférerais que tu meures ». Tout est valide. Tout a le droit d’exister sur ta feuille. La colère et la tendresse cohabitent souvent, et ce n’est pas une faute. C’est juste humain.
Choisir le tutoiement ou le vouvoiement
Certains se sentiront plus proches en écrivant « tu », d’autres auront besoin de mettre une distance avec un « vous ». Les deux sont possibles, et tu peux même changer en cours de route. Ton texte t’appartient, il n’a pas besoin d’être uniforme.
Écrire pour soi avant tout
N’oublie pas : cette lettre n’a pas pour but d’être lue. Tu écris pour toi, pour sortir ce qui pèse, pas pour impressionner qui que ce soit. Laisse tomber les jolies phrases, les ratures parfaites ou les mots bien alignés. L’important, c’est ce que tu ressens, pas le style. C’est ça, écrire pour soi.
Alors, si un jour tu gribouilles trois mots en majuscules parce que tu es à bout, eh bien bravo : tu viens de réussir ton atelier.
Un atelier délicat : prendre soin de soi en écrivant
Écrire une lettre à une personne atteinte d’Alzheimer ou absente dans son esprit, ce n’est pas écrire une carte postale de vacances. C’est souvent lourd, parfois douloureux. Alors, avant de te lancer, prends soin de toi.
Préparer un moment calme
Choisis un endroit où tu te sens à l’aise. Ça peut être la table de la cuisine quand tout le monde dort, ton canapé avec un plaid, ou même ta voiture garée devant la boulangerie (oui, ça marche aussi). Respire un grand coup, prends ton temps. Tu n’es pas en retard à un examen.
Poser ses mots, puis relire seulement si tu en as envie
Quand tu écris, laisse les phrases couler. Ne t’arrête pas pour corriger, ne cherche pas à faire joli. Écris d’abord, relis après… ou pas. Personne ne va te mettre un zéro parce que ta virgule est mal placée. L’atelier est une zone zéro contrainte.
Garder la liberté de partager ou non
À la fin, tu peux choisir de garder ton texte pour toi, de le glisser dans un carnet, de le brûler (effet cathartique garanti) ou de le publier dans les commentaires de l’atelier. Chaque option a sa valeur. L’important est que tu restes libre de ton choix.
Et rappelle-toi : écrire, même cinq minutes, peut te donner un peu d’air dans une situation où tu as souvent l’impression d’étouffer.
Clôturer l’écriture avec douceur
Écrire sur Alzheimer, sur l’absence, sur la douleur du quotidien… ça secoue. Alors il est important de ne pas refermer ton cahier en mode « hop, terminé, je passe à la vaisselle ». Donne-toi un vrai moment de clôture.
Ne pas rester seul face à l’émotion
Quand tu poses des mots lourds, il est normal que tu te sentes vidé, triste, ou au contraire soulagé. Respire un instant, bois un verre d’eau, marche un peu. Tu peux aussi en parler à quelqu’un de confiance si tu en ressens le besoin.
Rire ou sourire : une arme précieuse
Oui, même face à cette foutue maladie, le rire reste possible. Tu peux avoir écrit quelque chose de grave et, deux minutes plus tard, trouver ça drôle. Et tu sais quoi ? C’est parfaitement normal. L’humour est souvent ce qui nous tient debout. Alors si ta lettre comporte une blague interne ou un souvenir cocasse, garde-le : il a autant de valeur qu’un mot de tendresse.
Partager ton texte si tu le souhaites
Enfin, comme évoqué plus haut, tu as la possibilité de publier ton texte dans l’espace « Commentaires » de l’atelier. C’est une façon de montrer aux autres qu’ils ne sont pas seuls, et de te sentir relié à une petite communauté qui écrit, comme toi, pour traverser ce quotidien difficile. Mais ce n’est jamais une obligation : garder ton texte pour toi est tout aussi légitime.
Fermer l’écriture avec douceur, c’est simplement t’accorder un moment pour digérer ce que tu viens d’écrire, et reconnaître que tu as eu le courage de mettre des mots là où, souvent, on se tait.
Ressources pour prolonger l’expérience d’écriture
Un atelier, c’est comme une respiration : ça fait du bien sur le moment, mais tu peux avoir envie de prolonger l’élan. Écrire une lettre à une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer n’est pas un exercice unique : tu peux recommencer, inventer d’autres formes, ou explorer de nouveaux thèmes.
Revenir sur d’autres ateliers « Écrire pour soi »
Chaque vendredi, un nouvel atelier est disponible. Tu peux en faire un seul, ou tous les suivre. C’est gratuit, c’est libre, et c’est un bon moyen de garder une régularité sans pression. Revenir chaque semaine, c’est t’offrir un rendez-vous avec toi-même. Et, comme Marie-Claire pour cet atelier, tu peux même proposer ton propre thème ! C’est à moi de me dépatouiller de tout ça pour le mettre en forme.
Continuer avec un journal intime ou des lettres régulières
Tu peux aussi transformer l’exercice en habitude personnelle. Tiens un carnet où tu écris à ton proche de temps en temps. Peu importe qu’il ne lise jamais : toi, tu auras déposé ce qui t’habite. Ces petits bouts de lettres forment une trace, un chemin, presque une conversation silencieuse. Tu peux même le lui déposer sur sa table de nuit ! Ça fait bizarre comme ça, mais ça peut te (vous ?) faire un bien fou.
Relire ses textes après quelques semaines
Quand tu relis une lettre écrite il y a un mois ou deux, tu mesures le chemin parcouru. Peut-être que la douleur est la même, mais ton regard aura changé. Peut-être que tu découvriras de la tendresse là où tu avais mis de la colère. Relire, c’est comme se donner une preuve que tu avances, même quand tu as l’impression de stagner.
Rétrospective sur les 5 derniers ateliers d’écritures:
- Écrire à septembre : ce drôle de compagnon
- Atelier d’écriture : l’alcool comme personnage
- Atelier d’écriture : vivez une journée en 1990
- L’objet qui sait tout de moi – Atelier d’écriture gratuit
- Quand j’ai su que c’était la fin d’une époque

Eh bien… moi ! Christophe GRÉGOIRE, rédacteur web SEO, écrivain public,
Ma petite maman,
Il y a 7 ans , le diagnostic est tombé pour toi, Alzheimer.Ca a été un effondrement, avec la peur que tu oublies tout rapidement. Non en faite ,ça va doucement , tu es bien entourée par des personnes bienveillante et pro. Mais malgré toute les aides , j interviens presque tout les jours.Mon métier d auxiliaire de vie ne s arrête pas a 19 h, il continue lorsque je passe chez toi, pour ton repas et vérifier si tout va bien. Ça m épuise d être impuissante face a cette maladie qui reste une énigme.Le cerveau est vaste ,le tien est comme plein de tiroirs ,qui se ferme ,qui s ouvre et qui se referme définitivement. Tu nous reconnais ,c est déjà chouette.Mais tu baisses,tu vas moins vite ,tes mouvements sont lents. Et quand je te vois comme ça ,je te fais des blagues , et ça m’arrive souvent de pleurer quand je suis seule.Car il n y a rien a faire , juste t aimé. J ai fait le deuil de ma maman d avant ,celle avec qui je pouvais parler , me confier. Elle me manque. Maintenant les rôles sont inversés, c est a nous de t aider , te protéger de tes angoisses.Car par moment tu te rends contre de ta situation et je vois bien que tu es mal. Je t accompagnerai tant qu il sera possible pour que tu reste chez toi. Mais pardon maman , j essaie de penser à moi également. Car l aidant est souvent plus abîmé dans son cœur que l aidé. Je fais de mon mieux.Je t’aime ma petite maman. Écrit avec mon cœur et sans aide.😉