Écrire à un proche décédé : un cadeau à se faire à soi-même
Parfois, il reste des mots coincés dans la gorge. Des mots qu’on aurait voulu dire à quelqu’un… mais ce quelqu’un est mort. Trop tôt, trop vite, ou juste sans qu’on ait eu le temps de finir la conversation. Alors voilà : écrire à un proche décédé devient un geste précieux. Un acte doux, fort, intime. Un petit pansement d’encre posé sur une plaie invisible. Et ce pansement-là, crois-moi, il ne se trouve pas en pharmacie.
On pense souvent qu’écrire une lettre à un mort, c’est étrange. Que c’est un truc un peu perché, ou peut-être trop douloureux. Mais en réalité, c’est tout l’inverse. Écrire ce qu’on n’a pas pu dire à voix haute, c’est se faire du bien. C’est exprimer ses émotions après un décès, dans un espace rien qu’à soi. Un espace où personne ne juge, où tu peux pleurer, rire, t’énerver, demander pardon, ou simplement dire : Tu me manques, vieille canaille.
Tu n’as pas besoin d’être écrivain. Ni d’avoir les bons mots. Ce qui compte, c’est d’oser les écrire. Lettre posthume, écriture pour faire son deuil, lettre à une personne disparue… appelle ça comme tu veux. L’essentiel, c’est d’ouvrir la porte. Celle du cœur. Et de laisser sortir ce qui a besoin de l’être.
Dans cet article, je t’emmène dans un petit atelier d’écriture thérapeutique. Une balade entre larmes et sourires, pour écrire à celui ou celle qui n’est plus là. Ou écrire à toi-même. Tu verras, ce n’est pas un enterrement ennuyeux. C’est un moment à toi. Un moment vivant.
Prêt(e) ? On y va. Et surtout, ne t’étonne pas si tu souris un peu entre deux frissons. L’écriture, même sur l’absence, sait encore faire du bien.
Pourquoi écrire à un proche décédé ?
Tu te demandes peut-être pourquoi t’embêter à écrire une lettre à quelqu’un qui ne la lira jamais. C’est vrai, sur le papier (sans mauvais jeu de mot), ça peut sembler un peu absurde. Mais justement : écrire à un proche décédé, c’est comme parler dans le vide, écrire à ta solitude du moment… sauf que ce vide te répond autrement. Il t’apaise. Il t’écoute sans t’interrompre. Et il ne te sortira jamais un « Tu devrais passer à autre chose ».
Un geste pour soi, pas seulement pour l’absent
On croit souvent qu’écrire à un mort, c’est pour lui rendre hommage. Pour lui dire qu’on l’aimait, qu’on pense à lui, ou qu’on ne l’a pas oublié. Et c’est vrai. Mais au fond, cette lettre à un mort, elle est surtout pour toi. Elle t’aide à mettre un peu d’ordre dans le chaos. À sortir ce qui tourne en boucle dans ta tête. À déposer enfin cette phrase que tu rumines depuis trois ans et demi : « Pourquoi t’es parti sans me dire au revoir, nom d’un chat ? » (oui, j’ai plus d’affection pour les chats, bien que je respecte énormément les chiens… et les fourmis!)
Écrire une lettre posthume, c’est offrir un petit moment de vérité à ton cœur. C’est lui dire : Tiens, prends ce stylo et débrouille-toi avec ce bazar émotionnel, moi j’ai plus les mots. Et souvent, il les trouve, les mots.
L’écriture comme outil de libération émotionnelle
On va se dire les choses franchement : le deuil, c’est un sacré foutoir. Un coup tu ris en te souvenant d’un vieux souvenir, le lendemain tu pleures dans ta voiture parce qu’une chanson te tombe dessus par surprise. Et dans ce grand merdier émotionnel, écrire à un défunt, c’est poser une ancre. C’est te reconnecter à toi. Tu n’as pas besoin d’avoir « le style ». Ton écriture peut être tremblante, décousue, pleine de ratures. Peu importe. Ce qui compte, c’est le mouvement. Le fait de poser noir sur blanc ce que tu ressens. Parce qu’une émotion qu’on écrit est une émotion qu’on accueille. Et entre nous, c’est toujours plus sain que de hurler dans un coussin ou de parler à ton ficus. (Moi, c’est un baobab bonsaï: je t’en parlerai un jour peut-être).
Une pratique simple aux effets profonds
La bonne nouvelle, c’est que cette écriture pour faire son deuil ne demande ni matériel sophistiqué, ni stage en pleine forêt. Tu n’as besoin que de toi, de quelques minutes, et de l’envie sincère de poser tes mots. Et les effets peuvent être surprenants : apaisement, clarté, sensation d’avoir enfin dit ce que tu gardais. Parfois même, un sommeil plus profond. Car oui, le cerveau, ce petit malin, adore quand on vide les tiroirs émotionnels.
En bref : c’est simple, ça ne coûte rien, et ça soulage. Pourquoi s’en priver ?
Se préparer à écrire : un petit rituel bienveillant

Même sans réponse, certaines lettres trouvent un lecteur de l’autre côté; du bon côté
Avant de te lancer dans ta lettre à une personne disparue, prends un instant pour t’installer. On ne parle pas d’un marathon émotionnel à la dure. Tu vas écrire à un proche décédé, pas à ton inspecteur des impôts. Alors autant créer une ambiance propice à la douceur, voire même un peu cocooning, si tu es d’humeur plaid-thé-vert-au-miel.
Choisir le bon moment et un lieu apaisant
Tu peux écrire le matin, quand tout est encore silencieux. Ou le soir, quand le monde s’endort et que ton cœur s’éveille un peu plus. L’important, c’est que tu te sentes tranquille. Pas pressé·e. Pas observé·e. Et surtout pas interrompu·e toutes les deux minutes par une notif WhatsApp ou un chat qui réclame ses croquettes (quoique… ça peut aider à relâcher la tension).
Installe-toi dans un endroit où tu te sens bien : ton canapé préféré, une table au calme, un coin de jardin sous un arbre s’il fait beau. Et si tu es du genre à aimer les ambiances « rituel magique du cœur », ajoute une bougie, une musique douce, une photo, ou même une tisane. Tout ce qui t’aide à exprimer tes émotions après un décès, c’est bon à prendre.
Matériel, musique, silence : créer ton cocon
Tu peux écrire à la main ou sur ton clavier, tant que ça te ressemble. Il y a quelque chose de plus intime dans l’écriture manuscrite, mais si ton écriture ressemble à celle d’un médecin sous caféine, ton ordi ne t’en voudra pas. Tu peux aussi lancer une playlist qui te touche. Mais attention : si tu te retrouves à écouter en boucle « le Paradis Blanc » de Michel berger en pleurant dans ton thé, c’est peut-être le signe qu’on est au bon endroit, mais qu’on a besoin d’un paquet de mouchoirs en renfort.
Le silence, lui, peut faire peur au début, mais il est souvent ton meilleur allié. C’est dans ces moments que les souvenirs remontent, et que les mots viennent se poser, sans que tu aies besoin d’aller les chercher.
Accueillir ce qui vient, même les larmes
Tu vas peut-être pleurer. Tu vas peut-être rire. Peut-être même que tu ne sauras pas trop ce que tu ressens. Tout est normal. Écrire à un défunt, ce n’est pas une science exacte, c’est une aventure émotionnelle. Et comme dans toutes les aventures, il y a des virages, des tempêtes… et parfois des accalmies inattendues.
Laisse venir. Laisse couler. Ne juge rien. Cette lettre posthume, elle n’a pas vocation à être publiée dans un recueil. Elle est pour toi. Pour soulager. Pour déposer. Pour faire le ménage émotionnel que personne ne voit, mais que toi tu portes depuis trop longtemps.
Et si tu as juste envie d’écrire : « Tu me manques, je t’en veux, j’ai peur, je t’aime, pourquoi ? », c’est déjà un monde entier que tu poses là.
Écrire une lettre posthume : par où commencer ?
Bon, maintenant que tu es installé·e, que la bougie est allumée et que le chat dort (pour de vrai cette fois), tu te dis peut-être : Mais j’écris quoi, moi, maintenant ? Ne t’inquiète pas. Écrire à un défunt, ce n’est pas un exercice littéraire. C’est une conversation du cœur, un dialogue suspendu entre ici et là-bas. Et oui, tu peux bafouiller un peu au début. C’est même plutôt bon signe.
Lettre à une personne disparue : débuter sans pression
Tu peux commencer par un simple « Bonjour toi », « Coucou Papa », ou même « Je sais pas trop comment te parler, mais je vais essayer ». Il n’y a pas de formule magique. L’important, c’est de commencer. D’oser écrire la première ligne. Et si vraiment ça bloque, autorise-toi à le dire dans la lettre : Je ne sais pas par où commencer. Voilà. C’est déjà un début. Une lettre à une personne disparue, c’est souvent plus fluide qu’on l’imagine une fois qu’on accepte d’être maladroit·e. Et entre nous, tu crois qu’ils étaient parfaits, eux ? Pas sûr. Donc pas de pression, vraiment.
Que dire à un défunt quand tout est resté en suspens ?
C’est là que ça devient intéressant. Car souvent, on écrit cette lettre parce que quelque chose est resté coincé. Un « je t’aime », un « je t’en veux », un « tu m’as laissé avec toutes les plantes vertes et c’était pas le deal ». Exprimer ses émotions après un décès, c’est parfois dire des choses qu’on pensait ne jamais oser poser. Et c’est bien. Parce que ces émotions-là, si on ne les exprime pas, elles s’accumulent comme une vaisselle sale dans la tête. Et soyons honnêtes, personne n’aime ça.
Tu peux tout dire. Même si c’est contradictoire. Tu peux aimer et être en colère. Tu peux pardonner ou pas. Tu peux juste poser la question qui te hante : Pourquoi tu es parti si vite ? Pourquoi t’as pas dit au revoir ? Pourquoi t’as laissé ce foutu pull dans le placard ?
Laisser parler ton cœur, sans te censurer
Tu n’écris pas pour faire joli. Tu écris pour libérer. Cette lettre posthume, elle n’a pas vocation à briller sur les réseaux sociaux ni à passer à la radio. Elle est là pour t’alléger. Pour mettre des mots là où il n’y avait que du silence.
Donc laisse tomber la grammaire, les majuscules, et les règles typographiques. Tu peux même écrire en langage parlé, ou écrire un seul mot par page si ça te fait du bien. Tu peux pleurer sur ton papier, griffonner des cœurs ou des insultes. Oui, même ça. Tout est autorisé. Tu n’es pas au tribunal de la lettre, tu es dans un espace d’écriture pour faire ton deuil.
Et si tu as besoin de relire, relis. Sinon, non. Ce n’est pas un devoir à rendre. C’est un moment avec toi. Et avec lui. Ou elle. Ou eux. Enfin bref, vous ensemble.
Thèmes possibles : ce que tu n’as pas pu lui dire
Quand on écrit à un proche décédé, on ne sait pas toujours quoi raconter. Et pourtant, une fois lancé·e, les mots coulent souvent tout seuls. Voici quelques pistes, au cas où tu te retrouves à fixer ton papier en mode poisson rouge devant une équation.
Une déclaration d’amour, un pardon, une colère
Tu peux écrire ce que tu n’as jamais osé dire de son vivant. « Je t’aimais plus que je ne l’ai montré. » Ou « Je t’en ai voulu de ne pas m’avoir compris. » Oui, tu peux même lui balancer ta colère, si elle est là. Ce n’est pas manquer de respect à un défunt que d’être honnête. C’est se respecter soi.
Les souvenirs, les regrets, les non-dits
Un souvenir commun, un moment manqué, une phrase restée en suspens… Toutes ces choses peuvent trouver leur place ici. Une lettre à un mort, c’est aussi un lieu pour reconstituer ce qui manque, même symboliquement.
Écrire pour dire au revoir… ou pour continuer le lien
Et parfois, ce qu’on cherche, ce n’est pas forcément un adieu. C’est juste un moyen de garder le lien autrement. De lui dire qu’on pense à lui. Qu’on avance. Qu’on continue, sans oublier. C’est doux, simple, et souvent très libérateur.
Que faire de ta lettre une fois écrite ?
Tu l’as fait. Tu as écrit cette lettre posthume, avec tout ton cœur, tes tripes, et peut-être quelques mouchoirs en bonus. Bravo. Maintenant, la grande question : qu’est-ce que j’en fais ?
La garder ? L’enterrer ? La brûler ? L’envoyer au vent ?
Bonne nouvelle : il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Tu peux la glisser dans un tiroir, la relire un jour où tu en auras besoin. Tu peux aussi la brûler (avec prudence, hein, pas dans la cuisine), comme un geste symbolique. Certains l’enterrent, d’autres la plient et la confient à un ruisseau, au vent, ou à l’univers.
Le plus important, c’est que ce geste te parle à toi. Ce n’est pas une cérémonie officielle. C’est ton rituel, ton moment à toi.
Écrire à un défunt, puis relire… ou jamais
Tu n’as aucune obligation de relire ta lettre à une personne disparue. Parfois, on écrit et on referme le carnet. Parfois, on y revient. C’est selon l’envie, l’émotion du moment. Et parfois aussi, on écrit une deuxième lettre. Ou une dixième. Il n’y a pas de quota. Tu fais comme tu le sens.
Et si tu avais encore des choses à lui dire demain ?
Eh bien… tu réécris. Parce que l’écriture pour faire son deuil, ce n’est pas une checklist à cocher. C’est un processus. Tu peux écrire une fois par an. Une fois par mois. Ou seulement quand le silence devient trop lourd. Mais si c’est trois fois par jour, je te propose quand-même de consulter… 😉
Et si jamais tu oublies un jour ce que tu voulais dire, pas de panique : le cœur, lui, s’en souvient.
Écriture pour faire son deuil : une douce habitude
Tu pensais peut-être écrire une seule lettre, poser tes mots une bonne fois pour toutes, puis tourner la page. Et parfois, c’est le cas. Mais souvent, écrire à un proche décédé devient un rendez-vous. Pas forcément régulier. Pas obligé. Juste une porte qu’on sait pouvoir rouvrir, quand le cœur cogne un peu trop fort. Ou à certaines dates…
Revenir à la lettre quand le manque revient
Les vagues du deuil n’ont pas d’agenda. Elles reviennent sans prévenir, parfois en pleine file d’attente à la boulangerie. Alors si un jour tu ressens à nouveau ce besoin de parler à l’absent, reprends ton carnet, ton stylo, ton clavier… et recommence. Une lettre à un mort, ça ne se périme pas.
D’autres lettres, d’autres voix : continuer d’écrire
Tu peux aussi écrire à d’autres disparus. À toi-même d’avant. Ou à celui ou celle que tu es en train de devenir depuis cette perte. Exprimer ses émotions après un décès, c’est aussi s’autoriser à évoluer. À cicatriser. À aimer encore. À aller de l’avant.
Et si un jour tu veux partager ton expérience, sache que tu peux aider d’autres cœurs cabossés, comme je le fais ç cet instant avec toi. L’écriture est un fil invisible entre les âmes – mortes ou vivantes. (Non, Christophe, les âmes sont éternelles ! Abrège cet article, tu dérailles !)
Tu n’es pas seul : l’écriture comme soutien dans le deuil
Écrire ne remplace pas une épaule, un câlin, une présence. Mais parfois, c’est tout ce dont on dispose à l’instant T. Et c’est déjà énorme. Alors n’hésite jamais à revenir à l’écriture. Écrire pour dire au revoir, pour dire « je t’aime », pour dire « tu me manques », ou juste pour dire « je suis encore là ». C’est un acte de soin. Un cadeau intime. Un pas de plus sur le chemin.
Et qui sait… peut-être qu’un jour, ce sera à toi qu’on écrira une lettre. Alors autant donner l’exemple…